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Bon Vent à Calais : ouverte en 2023, fermée le 3 janvier 2026

Julien Dupont 6 min de lecture
Bon vent microbrasserie à Calais, dernière soirée du 3 janvier 2026

Bon Vent Microbrasserie Maritime était une brasserie artisanale installée rue de la Pomme d’Or, à Calais, près du beffroi. Le lieu réunissait une production sur place, une taproom avec terrasse et une programmation conviviale. Son statut a changé : la fermeture de l’établissement a été annoncée pour le 3 janvier 2026, date prévue pour une dernière soirée. La taproom ne doit donc plus être considérée comme un lieu actuellement ouvert au public.

Bon Vent, une microbrasserie maritime née à Calais

Lancée en 2023, avec une ouverture indiquée en mai de cette année-là, Bon Vent affichait une identité locale et maritime. Le projet était porté par Jérémy Blot et Adèle Delattre, deux associés qui avaient choisi d’installer leur activité dans le centre de Calais. Leur objectif consistait à produire de la bière sur place tout en accueillant directement le public.

Le nom Bon Vent Microbrasserie Maritime résumait cette orientation. La brasserie fabriquait ses bières à Calais et proposait un espace pour les déguster. Une taproom désigne précisément ce type de lieu, où les clients peuvent boire les bières directement à proximité des cuves et échanger avec l’équipe.

Un outil de production conçu pour brasser sur place

Après environ un an de travaux, les associés ont réalisé leurs premiers brassins eux-mêmes, après un accompagnement initial de Brewing Theory. L’installation comprenait deux cuves de brassage et de filtration de 5 hL, quatre fermenteurs cylindro-coniques de 5 hL en isobarométrique, un concasseur, un échangeur à plaques et une embouteilleuse. La production annuelle était estimée à 200 hL.

Ces équipements permettent de comprendre le fonctionnement d’une petite brasserie professionnelle. Le malt est d’abord concassé, puis brassé et filtré. Le moût refroidit ensuite grâce à l’échangeur à plaques avant d’être envoyé en fermentation. Les fermenteurs cylindro-coniques servent à la fermentation et à la maturation, tandis que l’embouteilleuse facilite la vente à emporter en complément du service au comptoir.

Les bières Bon Vent : trois styles pour lancer la gamme

La gamme initiale reposait sur trois recettes aux profils différents. Ce choix permettait de proposer une bière houblonnée, une référence plus alcoolisée inspirée des styles belges et une bière plus accessible. Les trois produits étaient les suivants :

Bières Style Degré d’alcool
Bâbord West Coast IPA 6,2 %
Marée Haute Belgian Golden Strong Ale 7,7 %
L’Épopée American Pale Ale 4,7 %

Bâbord, une West Coast IPA à 6,2 %, appartenait à une famille de bières généralement sèche et expressive sur le houblon. Marée Haute, à 7,7 %, reprenait le style Belgian Golden Strong Ale, avec un degré d’alcool plus élevé. L’Épopée, une American Pale Ale à 4,7 %, proposait un format plus modéré, adapté à une dégustation prolongée sur place.

Le matériel et le savoir-faire présentés permettaient aussi d’envisager des cuvées éphémères ou personnalisées. Les offres de soutien prévoyaient notamment une cuvée de 250 litres, puis une autre de 500 litres pour les contributions les plus élevées. Ces formats donnaient aux contributeurs la possibilité de participer plus directement à la création d’une bière.

Une taproom avec terrasse, événements et nourriture apportée

Bon Vent se distinguait autant par son espace d’accueil que par ses brassins. La taproom pouvait recevoir entre 300 et 400 personnes selon les configurations évoquées. Elle disposait d’une terrasse et offrait une vue sur le beffroi. Concerts, quiz, soirées et barbecues donnaient au lieu une fonction d’animation locale en plus de son activité de bar à bières.

L’établissement ne possédait pas de cuisine. Les visiteurs pouvaient toutefois apporter leur propre nourriture selon les modalités alors communiquées. Une bière servie sur place, un repas venu de l’extérieur et une animation pouvaient ainsi se rejoindre dans le même espace, sans que la brasserie fonctionne comme un restaurant.

La capacité d’accueil révélait aussi les contraintes du modèle

Une jauge de 300 à 400 personnes peut sembler importante pour une brasserie équipée de cuves de 5 hL, soit 500 litres par cuve. Elle montre pourtant la diversité des activités nécessaires au fonctionnement d’un tel lieu. Une microbrasserie doit produire, renouveler ses stocks, servir les clients, organiser des événements et prendre en charge les coûts fixes d’un local accueillant.

Une soirée bien remplie ne suffit pas forcément à assurer la rentabilité. Elle entraîne aussi des dépenses de personnel, d’énergie et de nettoyage, ainsi qu’un besoin de trésorerie pour continuer à produire. Cette double activité, entre fabrication et accueil du public, explique la place des événements dans le fonctionnement de Bon Vent.

Du financement participatif aux difficultés de trésorerie

En mars 2025, Bon Vent a lancé une campagne de financement participatif pour soutenir une relance. Les besoins annoncés étaient concrets : acheter des matières premières et des bouteilles, limiter les ruptures de stock, aménager l’extérieur, développer l’activité et la consolider.

Les paliers progressaient de 2 500 € à 5 000 €, 7 500 €, 10 000 € puis 15 000 €. Les contreparties commençaient par une boisson offerte pour une contribution de 10 €. Elles comprenaient aussi une affiche A3, un verre sérigraphié, un tote bag et un verre par semaine pendant un an, soit 52 verres, pour le palier à 100 €. Une contribution de 200 € donnait accès à un atelier de brassage pour deux personnes.

Les soutiens les plus importants permettaient de financer des cuvées personnalisées. Le palier à 1 200 € correspondait à une cuvée de 250 litres, tandis que celui à 2 400 € ouvrait l’accès à une cuvée de 500 litres. La campagne a finalement recueilli 15 000 €. Elle témoignait du soutien de contributeurs au projet, mais ce montant n’a pas suffi à pérenniser l’entreprise.

Les difficultés de trésorerie et un contexte économique défavorable ont été évoqués parmi les raisons ayant conduit les gérants à arrêter l’activité. Les sommes recherchées devaient répondre aux besoins immédiats de production et d’aménagement, tout en donnant à la brasserie le temps de consolider son fonctionnement.

Fermeture annoncée : ce qu’il faut retenir avant de se déplacer

Bon Vent a annoncé sa fermeture au 3 janvier 2026, moins de trois ans après son ouverture. Une dernière soirée était prévue à cette date. Pour une recherche locale, l’information pratique est donc claire : l’ancienne taproom de la rue de la Pomme d’Or ne doit plus être présentée comme un établissement ouvert.

Les informations encore accessibles sur la terrasse, les concerts, les bières ou les ateliers décrivent l’activité passée de Bon Vent. Elles ne confirment ni une reprise de la production, ni la disponibilité actuelle des bouteilles, ni l’existence de nouveaux points de vente. Elles permettent surtout de comprendre le fonctionnement de la brasserie avant son arrêt.

Bon Vent laisse le souvenir d’une microbrasserie de proximité, avec un outil de brassage professionnel, une identité maritime et un lieu de rencontres à Calais. Son parcours montre aussi les contraintes d’une jeune brasserie qui doit financer sa production tout en faisant vivre une taproom et sa programmation. La campagne participative a mobilisé sa communauté, mais n’a pas permis de maintenir l’activité jusqu’à la date annoncée de fermeture.

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